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Le chien médiateur

Que veut-on dire par "Eduquer son chien médiateur" ?


Tout d’abord, ce qu’il faut garder à l’esprit, c’est qu’un chien médiateur est un chien de travail. C’est un chien à qui l’on va demander un travail de médiation. Il doit être le lien entre le patient et l’intervenant en médiation animale. Ce qui implique une disponibilité, une certaine réceptivité, un volontariat de la part du chien.

Même s’il est vrai que le rôle majeur dans cette intervention est celui du l’intervenant, il est absolument nécessaire voir impératif que cet intervenant n’utilise pas les 80 % de son temps à gérer à l’animal. Ce qui veut dire que son éducation au préalable de chien médiateur est très importante. Pour obtenir ce résultat il faut construire à la fois une relation hiérarchique et une relation de confiance, de complicité. C’est cette équilibre, hiérarchie/affectif qui produira l’attachement, la confiance et le respect pour son maître qui est l’intervenant en médiation animale. Tout découlera de cet équilibre.

La première démarche, avant même de parler d’éducation, d’exercice, d’apprentissage, c’est de poser le décor. Que chacune connaisse son rôle, ses responsabilités à jouer dans la relation à l’autre. À ce sujet on ne peut éviter de mentionner l’état d’esprit dans lequel il serait bon d’aborder celle-ci. Très souvent il est mention de dominance. Attention : Dominance pour un animal n’a pas la même signification et pas les mêmes implications que pour un égo humain.

Cette notion de dominance induit fréquemment la peur et le rapport de force pour obtenir l’obéissance souhaitée. Ce n’est pas ce que l’on doit rechercher en médiation animale et encore moins lorsqu’il s’agit de thérapie par médiation animale. Il est donc souhaitable lors d’une séance, de donner les consignes à son compagnon sur le ton de la conversation voire à travers des signes. Si la complicité est suffisamment travaillée ces signes peuvent se faire de manière très discrète pour ne pas altérer la relation avec le patient. Pour cela, on abordera l’animal sur un plan égalitaire. C'est-à-dire deux entités vivantes face à face, ce qui rend la communication beaucoup plus facile et vraie puisque libre de toute projection d’image sans s’opposer au sens de la hiérarchie.

Dans cette relation l’intervenant en médiation animale doit être le guide, celui qui prend les initiatives. Pour bien comprendre ce rôle de meneur, nous pouvons utiliser une image, celle d’un couple de danseurs. Dans ce dernier, le danseur écoute la musique et initie les mouvements, les changements de direction, de rythme. Il ne domine pas, il guide l’autre danseur. Ce sont ses qualités de danseur, son attitude, sa compétence de danseur qui vont amener sa partenaire à lui faire confiance et se laisser guider sans résistance. Tout le travail de l’éducation du chien médiateur est d’apprendre à manifester à travers son corps, ce que l’on appelle le langage non verbal. C’est ce qui correspond au terme de guide.

Par la suite, il faut travailler le caractère de son chien de manière à ce qu’il oppose le minimum de résistance. Il faut lui apprendre à gérer ses pulsions ce qui lui permettra d’être le mieux possible à l’écoute. Tout ceci sans violence verbale ni gestuelle. Pas de cris, ni d’impatience. Il est beaucoup plus question de communication que de dominance et c’est là que se pose beaucoup de questions : comment communiquer avec son chien futur médiateur.

Une fois votre chien bien à l’écoute, dans une grande confiance envers vous, qu’il aura appris les bases de la communication gestuelle, il sera facile de lui apprendre un maximum d’exercices que l’on mettra en place pour les différents domaines de pathologies.

Cet enseignement doit s’adapter à la structure psychologique unique de chaque intervenant en médiation animale et de chaque chien. Cet enseignement ne peut être figé dans une méthode mais dans plusieurs façons d’aborder les patients et ses problématiques. C’est ce qui rend l’approche IFZ dans la médiation animale à la fois originale, intéressante et efficace.